Consistant
en une abstinence de nourriture et de boisson, deux sources d'énergie à
l'origine de l'aspect animal de l'homme, le jeûne a pour conséquence un
affaiblissement du corps. À ce titre, il représente le moyen de dompter les
désirs passionnels de l'âme qui sont autant d'armes au service de Satan et qui
font obstacle à sa spiritualité: "En vérité, Satan se propage dans le
fils d'Adam comme le sang [dans le corps ]. Amoindrissez son flot par la
faim" a dit le Prophète - Sallâ-l-lahou 'alayhi wa sallama".
Pour autant, le jeûne ne saurait se réduire à une simple abstention de
manger et de boire ; pour être pleinement efficace et jouer le rôle de
protection (djounnah) que la Tradition lui assigne, il doit faire
participer l'ensemble des sens de l'individu ( "cinqactions
rompent le jeûne :la
médisance, la calomnie, le mensonge, le faux témoignage et ... la concupiscence
du regard "a dit le Prophète - Sallâ-l-lahou 'alayhi wa
sallama )et ce, afin de ne pas faire partie des gens dont il est
dit qu'ils "... ne récoltent de leur jeûne que la faim et la soif ’’...
En
dehors de sa dimension sociale et communautaire très affirmée, le jeûne
apparaît comme un exercice incomparable de maîtrise de soi. Il permet au
croyant d'affranchir son âme de ses désirs et instincts.
Il est, en fait, l'école de la patience, ‘‘sabr’’,
car il fortifie le caractère à travers la volonté, la retenue et la
concentration. En un mot, il réclame de la part du jeûneur une attitude
intérieure de totale disponibilité vis-à-vis de notre Seigneur : " Tout
acte du fils d'Adam lui appartient sauf le jeûne car il est à Moi et c'estMoi-Même qui en Suis la récompense", nous
est-il rapporté dans une Tradition Sainte ( hadîth qudsî ).
Accompli dans le respect de ses règles et conformément à son esprit véritable,
le jeûne est un exercice sans pareil. Ce qui fait dire au prophète
Salla-1-lâhou 'alayhi wa sallama. à propos du jeûne du mois de Ramadan : "
Si les serviteurs savaient la valeur du mois de Ramadan, ils souhaiteraient que
l'année entière fut Ramadan... ". Si ce dernier jouit de cette
considération c'est parce qu’il est le mois "... au cours duquel le
Coran a été descendu comme guide pour les gens et preuves claires de la bonne
direction et du discernement..." Coran (II, 185). Cet événement
est du reste commémoré lors de la Nuit du Destin - laylatou-l-qadr - une
nuit impaire de la dernière décade du mois, une nuit "... meilleure
que mille mois" Coran (XCVII, 3).
Ensuite, étant un mois " dont
le début est miséricorde, le milieu pardon et la finaffranchissement du
feu de l'Enfer " il est recommandé de multiplier les actes cultuels
facultatifs ainsi que les œuvres de bienfaisance (prières, lecture du Coran,
demandes de pardon, aumônes,...) afin de bénéficier des Faveurs divines
inhérentes à ce mois particulièrement béni.
Rappelons
qu’en Islâm on distingue deux sortes de jeûne : obligatoire et
surérogatoire. L'obligatoire comprend le jeûne lié à une période déterminée
canoniquement, comme le jeûne du mois de Ramadan, et le jeûne non lié à une
période déterminée tel que le jeûne votif, le jeûne expiatoire, le jeûne
surérogatoire vicié et la compensation des journées non jeûnées, au cours du
mois de Ramadan, suite à une tolérance légale.